Journées Européennes du Patrimoine · Commune de Milhars

Milhars,
un village
qui se raconte.

Posé sur les rives du Cérou, Milhars se découvre pas à pas. Ce guide géolocalisé suit le circuit officiel des Journées Européennes du Patrimoine — quatorze haltes en boucle, de la Mairie à la Mairie (environ 1h30), avec une pause déjeuner si vous le souhaitez au Repère. Suivez le fil ci-dessous où que vous soyez dans le village. Quatre haltes bonus, hors circuit officiel, complètent la balade en fin de page.

Dimanche 20 septembre 2026 · 10h–12h & 14h–17h
Milhars à l'heure dorée, le village des murs
Milhars, le village des murs — vallée du Cérou
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1 Point de départ

Départ : la Mairie

De la maison communale installée dans le château à la mairie-école actuelle, place des Marronniers — le bâtiment garde la mémoire d'un déplacement de la vie publique du village.
La mairie de Milhars, ancien ensemble scolaire, place des Marronniers
La mairie et l'ancien ensemble scolaire, place des Marronniers

La mairie n'a pas toujours occupé ce bâtiment. De 1862 à 1881, c'est le château qui sert de maison communale et abrite à la fois la mairie et l'école publique — mais l'édifice, ancien et coûteux à entretenir, se prête mal à l'enseignement. Il est vendu en 1881, et le produit de la vente finance un nouvel ensemble réunissant mairie et écoles, construit entre 1881 et 1883 sur la place des Marronniers. Sur les frontons du bâtiment actuel, deux inscriptions rappellent encore cet usage : « École des filles » à gauche, « École des garçons » à droite.

Ce déplacement marque le glissement de la vie publique du vieux village vers le bourg : autour de la mairie se regroupent ensuite l'école, les services municipaux, les foires, le poids public, puis plus tard la poste et la salle des fêtes. En 1790, Milhars devient chef-lieu de canton ; le village comptera environ 1 000 habitants en 1914. En 2025, la classe unique et la micro-crèche ont rejoint un bâtiment neuf à l'entrée du village.

Le nom de Milhars serait issu de Miliacum, une borne milliaire romaine qui jalonnait la route stratégique reliant l'Albigeois, le Quercy et le Rouergue — un point de repère antique dont le souvenir a traversé les siècles jusqu'à devenir le nom du village.

🏛 62 Place de la Mairie, 81170 Milhars
📜 sources : documents communaux · « Portrait de commune » (2008) · archives réunies par Jean-Paul Marion
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2 Trésor caché

Église Saint-Pierre-aux-Liens
le lustre de Saint-Sébastien

L'église de Milhars elle-même n'est pas classée — mais l'objet qu'elle abrite l'est, et depuis 1904 : un lustre de bronze parmi les plus précieux du mobilier religieux de la région.
Le lustre de Saint-Sébastien, restauré entre 2022 et 2024
Le lustre de Saint-Sébastien — cliché récent, après restauration (2022-2024)

De style gothique méridional, l'église présente une nef unique couverte de voûtes sur croisées d'ogives, avec des chapelles ouvertes entre les contreforts — les bas-côtés actuels résultent de la suppression des murs qui les séparaient à l'origine. Vers 1824-1825, l'entrée est déplacée sous le clocher ; de nouvelles chapelles sont bâties en 1841 et 1858, et le sol est dallé en 1888.

Datant d'environ 1450, ce lustre de bronze doré compte vingt-quatre lumières réparties sur trois étages de branches, pour 156 cm de hauteur et 112 cm de diamètre. En son centre se dresse un Saint Sébastien lié à un tronc d'arbre, entouré de six personnages armés d'arcs et de massues — évocation du double supplice du martyr. Au sommet veille une Vierge couronnée, tenant l'Enfant, les pieds posés sur le croissant lunaire.

Regardez les bourreaux de près : ces guerriers élancés portent chausses collantes, pourpoint étroit et toque à enseigne — la mode du temps de Charles VIII et de Louis XII, qui suffit presque à dater l'œuvre à elle seule. Les historiens y voient peut-être un ex-voto contre la peste : tout le Moyen Âge implora Saint Sébastien contre la « mort noire », et la voisine Cordes s'était vouée aux saints Sébastien et Fabien lors de l'épidémie du début du 17ᵉ siècle.

Une tradition locale prête à cette pièce une origine plus ancienne encore : elle aurait d'abord orné la chapelle du château médiéval, avant de rejoindre l'église — une origine que les documents ne permettent toutefois pas d'établir avec certitude. Le lustre a connu une restauration complète entre 2022 et 2024, menée par M. Mathieu, lustrier à Gargas, avec le concours financier de la DRAC et du Département du Tarn.

Juste à côté, un vitrail donne à voir le château tel qu'il domine — et domine toujours — le village. Offert à la fin du 19ᵉ siècle par Jean-Pierre Roumiguières, alors propriétaire du château, il représente l'édifice tel qu'il apparaissait avant la disparition d'une partie de sa tour carrée, démolie en 1882 — un document précieux autant qu'une image pieuse.

Vitrail représentant le château de Milhars, détail
Le vitrail représentant le château
Une des trois cloches du clocher de Milhars, détail
Une des trois cloches du clocher

Trois cloches équipent le clocher. Saint-Pierre, qui donne le « la », date de 1738 (380 kg) et porte l'inscription « St Pierre de Milhars sous le consulat des sieurs Ravailhe, Hébrard, Lafond et Marty 1738 » — classée Monument Historique le 20 septembre 1943. Marie Immaculée (« do », 1867, 90 kg) et Sainte-Philomène-et-Sainte-Germaine (« sol »/« fa », 1867, 225 kg) complètent la sonnerie, toutes deux fondues par Clément Lévêque.

Pendant la Terreur (1793-1794), une seule cloche par clocher devait être épargnée de la fonte : celle de Milhars fut néanmoins emportée vers l'arsenal de Toulouse — mais un habitant du village voisin de Sommard, la voyant passer sur une charrette, la cacha dans une citerne. Elle y resta jusqu'à la fin de la Révolution, puis fut installée dans le clocher de Sommard, où elle sonne peut-être encore aujourd'hui.

À partir de 1965, c'est Jean Mercadier — le poète auquel ces Journées du Patrimoine rendent hommage — qui fut sonneur de cloches à Milhars : l'angélus, l'appel aux offices, les baptêmes, mariages et funérailles rythmés de ses mains. Son engagement au service de la paroisse fut officiellement honoré en 1999.

✨ objet classé MH · 5 décembre 1904
📜 sources : documents communaux · Base Palissy · archives réunies par Jean-Paul Marion
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Vue du vieux village depuis la place de l'EMAC : château, maisons et terrasses étagées
Vue du vieux village depuis la place de l'EMAC
Des élèves de l'École des mines d'Albi-Carmaux déblaient le vieux village, années 1990
L'EMAC ENLÈVE LES GRAVATS, 1993-2003
3 Ancien marché

Ancien Foirail, place de l'EMAC

Le mot « foirail » désigne l'espace où se tenaient jadis les foires et les marchés aux bêtes — celui de Milhars était réputé pour ses foires du 27, principalement aux moutons et aux brebis.

Cette place ouverte, aujourd'hui appelée place de l'EMAC, formait un lieu de passage et de rencontre au pied du vieux village. D'un seul regard, on y lit tout le site : le château sur son promontoire, puis les maisons, ruelles et terrasses en contrebas — l'organisation concentrique, « en escargot », qui caractérise Milhars.

Remparts, façades et murs de soutènement composent ici une succession de lignes de pierre, qui défendent, séparent, portent les chemins et retiennent la terre des jardins en terrasses. C'est cette présence structurante de la pierre qui a valu à Milhars son surnom de « Village des Murs ».

Le nom de la place, lui, vient d'ailleurs : au début des années 1990, une partie du vieux village était envahie de ronces et d'éboulis. Des élèves de l'École des mines d'Albi-Carmaux — l'EMAC — menèrent des chantiers d'été de déblaiement entre 1993 et 2003, notamment vers 1996. Les pierres dégagées furent réemployées pour conforter les murs et aménager les terrasses, ensuite transformées en jardins par le groupe de fleurissement et des habitants bénévoles — une renaissance collective dont la place garde aujourd'hui le nom.

Ô passant inconnu, touriste silencieux !
Ô vous que le hasard a conduit en ces lieux,
Admirez du passé, ce qui reste à vos yeux !
Regardez les remparts et leurs portails en voûte
Dont les portes bardées ne ferment plus la route,
Sur laquelle on peut voir la niche d'autrefois
Où la Vierge veillait, gardienne de la foi ;
Voyez la vieille tour, de vigne recouverte,
Ces masures sans toit et ces maisons désertes,
Glacialement fermées ou toutes grand'ouvertes ;
[…]
Mais vous, chers visiteurs, amoureux du passé
Vous ferez ressurgir ce qui semble effacé.

Jean Mercadier, Élégie du vieux bourg Milhars, décembre 1945 — lu lors de la visite du préfet à Milhars, le 5 août 1992.

📜 sources : Portrait de commune, Pays de l'Albigeois et des Bastides (2008) · archives communales · Tarn Tourisme
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4 Fortifications

Place et Porte du Ravelin

Une porte fortifiée du vieux village, sur la place du Ravelin — avec la place de l'EMAC en contrebas, l'une des deux places qui ponctuent la montée vers le château.
La Porte du Ravelin
La Porte du Ravelin

Le ravelin est, par nature, un ouvrage avancé de fortification — ici, la porte et la place qui portent ce nom marquent une étape de la montée vers le château, entre façades de pierre calcaire et volets patinés.

📝 datation précise de la porte à confirmer
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5 Patrimoine artisanal

Le Four banal

Le four à pain communal, déjà attesté « de temps immémorial » en 1442 — un droit seigneurial que les habitants de Milhars ont payé pendant des siècles.
Le four banal de Milhars, toiture conique en pierre
Le four banal, sur le chemin du château

Le mot « banal » ne signifie pas « ordinaire » : il vient du ban, le pouvoir de commandement du seigneur, qui pouvait réserver certains équipements — four, moulin, pressoir — et en imposer l'usage aux habitants contre redevance. La communauté de Milhars avait, « de temps immémorial », la propriété d'un four situé devant la barbacane du château — un droit vendu en 1442. Un siècle plus tard, en 1554, le seigneur du lieu déclarait tenir « château, four bannier, droit de prendre 4 deniers par chaque chef de maison » : chaque foyer devait y cuire son pain, moyennant cette redevance. Les archives et la tradition locale signalent son fonctionnement dès le début du 16ᵉ siècle.

Le Centre archéologique des Pays albigeois le décrit comme l'un des rares fours banaux encore debout dans le Tarn. Le four, de forme hémisphérique, est abrité sous un toit mêlant terre, calcaire et grès porté par une charpente ; une cave voûtée se trouve également sous le four — elle aurait servi de prison.

📜 sources : monographie du village castral de Milhars · Centre archéologique des Pays albigeois · archives communales
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La Ferme du Château, vue de la façade
La Ferme du Château
6 Dépendances du château

La Ferme du Château

Ancienne dépendance agricole du château, la Ferme témoigne de l'activité rurale qui a longtemps accompagné la vie du domaine seigneurial — avec un point de vue dégagé sur la vallée.

La Ferme et le four banal voisin racontent le même Milhars agricole, à l'ombre du château. Cette dépendance du domaine seigneurial regroupait les bâtiments nécessaires à l'exploitation : granges, espaces de stockage pour les récoltes et le fourrage, probablement des écuries — la grande hauteur sous toiture et les larges portes convenaient au rangement des charrettes, tandis que l'oculus et le fronton soigné de la grande baie témoignent d'une construction liée à un domaine important.

En 1653, les terres de Milhars sont érigées en marquisat ; les revenus du domaine reposaient notamment sur les terres, les vignes — un inventaire de 1767 en cite au Revelouze, au Parc et le long du chemin de Tonnac, leur vin rejoignant le Tinal — l'élevage, et les jardins, vergers et bois qui complétaient l'économie rurale.

Le domaine gardait aussi le souvenir d'un lac aujourd'hui disparu. En 1636, un moine capucin aurait découvert une source cachée ; une canalisation en terre cuite amenait, dit-on, l'eau de la fontaine de la « Mère de Dieu », depuis Roussayrolles, jusqu'à un « lac avec vivier » au lieu-dit Le Parc — assez grand pour des barques, relié au château par une allée de mûriers. En 1678, un jeune noble de 24 ans s'y serait noyé, selon la tradition locale. Le lac disparut ensuite, remplacé par des vignes puis par des cultures céréalières — son emplacement exact reste discuté.

🌾 halte ouverte avec l'accord de l'exploitant actuel
📜 sources : monographie du village castral de Milhars · inventaire rural de 1767 · Centre archéologique des Pays albigeois
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7 Site privé · vue extérieure

Entrée du Château (privé)

Sentinelle de pierre sur le Cérou, le château veille sur Milhars depuis des siècles — héritier d'un castrum médiéval, rebâti et embelli entre 1630 et 1631 par Charles puis François de Cazillac-Cessac, avec le maître maçon toulousain Pierre Oradou. Propriété privée, il se découvre depuis la voie publique.
Château de Milhars vu depuis ses abords
Le château de Milhars, rebâti en 1630-1631

Une silhouette de tours et de pierre dorée qui se reflète dans le Cérou — la première image que les visiteurs gardent de Milhars. Le bâtiment que vous voyez aujourd'hui ne doit pas être confondu avec le premier château : il conserve et réemploie les traces d'un castrum plus ancien, attesté ou traditionnellement situé sur ce promontoire dès le 13ᵉ siècle, qui commandait le village et les voies reliant l'Albigeois, le Quercy et le Rouergue.

De 1450 à 1683, la famille de Cazillac-Cessac possède le château et porte successivement les titres de seigneur, baron puis marquis de Milhars — le marquisat est érigé en 1653. Entre 1630 et 1631, Charles puis François de Cazillac-Cessac font reconstruire et embellir la demeure avec le maître maçon toulousain Pierre Oradou : de grandes ouvertures, des corniches soignées et un escalier de pierre remarquable, dont le décor porte le motif des deux « C » entrelacés rappelant leur nom. Derrière ses murs, trois ailes en équerre autour d'une cour et une chapelle désaffectée dédiée à Saint Blaise complètent l'ensemble ; les tours, elles, ont depuis été abaissées au niveau des toitures.

La suite est plus mouvementée. En 1794, Clément Jean Augustin de Rey de Saint-Géry, dernier marquis de Milhars, est exécuté à Paris. De 1862 à 1881, le château devient propriété de la commune et sert de mairie et d'école, avant d'être vendu et de redevenir privé — il change alors plusieurs fois de mains : Candelon, Roumiguières, Charles et Marie Géniaux, le peintre Albert Lemaître, la famille Lamborelle. Sa façade orientale s'est en partie écroulée en 1878 ; le vitrail de l'église, offert par l'un de ces propriétaires, en garde une image d'avant cette transformation.

Le château ne se visite pas — sa grille monumentale, avec ses piliers appareillés et sa ferronnerie, marque aujourd'hui l'entrée d'un parc que l'on devine depuis la voie publique. Une halte suffit pour apprécier la scène.

⏱ 10 min · vue depuis la grille
📜 sources : monographie du village castral de Milhars · documents communaux et iconographiques · Portrait de commune (2008)
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8 Chai & vendanges

Le Tinal (Chai du Château)

Le nom occitan lo tinal désigne un lieu lié au vin — cave, chai, espace où l'on conserve cuves et tonneaux. À Milhars, c'était l'ancienne grande cave voûtée du domaine, près de la Porte Haute.
Le Tinal, près de la Porte Haute, ancienne cave voûtée du domaine
Le Tinal, près de la Porte Haute

Ses murs épais, sa salle voûtée et sa situation en contrebas du domaine procuraient une température stable, favorable à la fermentation et à la conservation du vin. La vigne est cultivée à Milhars depuis au moins le 16ᵉ siècle — un inventaire de 1767 cite des parcelles au Revelouze, au Parc et le long du chemin de Tonnac, et en 1776 un observateur décrivait les coteaux du village « couverts de vignobles réputés », dont une partie de la production partait vers le Quercy.

Les cépages Négret et Mauzac sont cités par l'histoire locale ; en 1862, environ 300 hectares de vigne auraient été recensés sur la commune, rattachée au vignoble des « Hauts Coteaux » proche de Gaillac. Il déclinera progressivement au 20ᵉ siècle, jusqu'à presque disparaître. Les vendanges, elles, mobilisaient familles, voisins et saisonniers — un travail exigeant, mais aussi des repas partagés et des chants.

« Reverrons-nous ces belles vendanges
Où transparaît la joie des anges
En vous donnant le meilleur vin ? »
Jean Mercadier, Le réveil de la vigne, 2002

Ayant perdu sa fonction viticole, le Tinal avait accueilli pendant plusieurs années des expositions — dont « Autrefois, la vigne à Milhars » —, concerts et rencontres, appréciés pour son atmosphère et son acoustique. En 2024, la salle a été vendue à la famille Lamborelle, propriétaire du château : la mise aux normes d'accueil du public s'avérait trop coûteuse pour la commune.

🔑 ouverture selon disponibilité le jour des Journées du Patrimoine
📜 sources : documents communaux · monographie du village castral · exposition « Autrefois, la vigne à Milhars »
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La maison Mercadier, 122 rue du Ravelin — façade et escalier extérieur
La maison Mercadier — escalier extérieur et perron, 122 rue du Ravelin
Porte à l'encadrement sculpté de balustres et de coquilles
LA PORTE SCULPTÉE
Cheminée au contre-cœur orné d'un cœur et d'une figure humaine
LA CHEMINÉE AU CŒUR
La forge et le four à pain de la maison Mercadier
FORGE & FOUR À PAIN
9 Monument historique

La maison Mercadier

122 rue du Ravelin : une demeure du 17ᵉ siècle inscrite aux Monuments Historiques depuis 2023, léguée à la commune par ses derniers propriétaires privés.

Bâtie probablement au début de la seconde moitié du 17ᵉ siècle, le long de la rue placée sous les remparts du château, la maison associe habitation, dépendances agricoles et lieux de stockage. Une tradition locale, non confirmée par les archives, l'associe à Pierre Oradou, le maître maçon qui bâtit l'escalier du château voisin.

Sa façade sur pignon, son escalier extérieur menant à un perron de calcaire et sa porte à l'encadrement sculpté de balustres et de coquilles en font l'une des plus belles demeures du village. À l'intérieur, une cheminée au contre-cœur orné d'un cœur et d'une figure humaine ; dans les combles, un pigeonnier à six trous d'envol. Le rez-de-chaussée garde les traces d'une économie domestique complète — citerne alimentée par les eaux de pluie, four à pain pouvant aussi servir de forge, poulailler, fenil, grange, cave, chai et cuves — de quoi recueillir l'eau, conserver les récoltes, abriter les bêtes et le vin, presque en autonomie.

Les documents cadastraux citent Alexandre Baudou, maçon, comme propriétaire en 1839 et en 1882, puis Alexandre Gil en 1899. Au 20ᵉ siècle, la maison entre dans l'histoire de la famille qui lui donne son nom : Jean Mercadier (1924-2013), agriculteur, poète, sonneur de cloches et même inventeur — un perfectionnement apporté à un trusquin lui vaut, en 1965, une médaille de bronze du ministère de l'Industrie — et sa sœur Germaine Mercadier (1925-2017), qui travailla avec lui sur l'exploitation et fut une fine observatrice, mémoire du village et du travail quotidien des femmes.

Sans descendants, Jean et Germaine firent don de leurs biens à la commune avant de partir en maison de retraite en 2004 ; la commune est propriétaire de la maison depuis 2018. La maison, 122 rue du Ravelin, parcelle AB 260, est inscrite en totalité au titre des Monuments historiques par arrêté du 20 mars 2023.

« Mais vous, chers visiteurs, amoureux du passé,
Vous ferez ressurgir ce qui semble effacé. »
Jean Mercadier, Élégie du vieux bourg Milhars, décembre 1945
🏛 inscrite MH · arrêté du 20 mars 2023
📜 sources : documents communaux · arrêté d'inscription du 20 mars 2023 · recueil de Jean Mercadier
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Arcs de décharge des remparts de Milhars
Les arcs de décharge des remparts
10 Architecture des remparts

Sol de l'hoste & arcs de décharge des remparts

Une rangée d'arcs aveugles épouse le pied des remparts — une technique de construction médiévale qui allège la charge du mur tout en le renforçant.

Les arcs de décharge visibles ici reportent le poids de la maçonnerie sur des points d'appui espacés, plutôt que sur toute la longueur du mur — un procédé courant dans les fortifications médiévales pour bâtir haut et solide sans surcharger les fondations. En contrebas, le « sol de l'hoste » — littéralement le sol de l'hôte, de l'hôtelier — garde le souvenir d'un usage d'accueil ou d'auberge adossé aux remparts, que l'histoire locale reste à préciser.

📝 datation et usage précis du « sol de l'hoste » à confirmer
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11 Fortifications

La Porte des Ormeaux

La porte d'entrée fortifiée du village doit son nom aux ormeaux plantés devant elle — un geste qui, selon la tradition locale, célébrait la fin des guerres de Religion vers 1598.
La Porte des Ormeaux, vue de l'arche
La Porte des Ormeaux

« À Milhars, la porte d'entrée du village s'appelle la porte des Ormeaux, et devant celle-ci avaient été plantés ces arbres qui ont donné leur nom à cette porte » — une plantation commémorative, dans l'esprit de celles organisées ailleurs dans la région à la fin des guerres de Religion, vers 1598.

📜 source : monographie du village castral de Milhars
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12 Pesée publique

Le Poids public

Face à la mairie, un petit bâtiment qui servait à peser animaux, sacs de grain et marchandises lors des foires — aujourd'hui reconverti en boîte à livres et point info.
Le Poids public, place des Marronniers
Le Poids public, place des Marronniers

Le poids public permettait de peser les animaux, les sacs de grain ou d'autres marchandises. Lors des foires, la pesée garantissait les transactions : on attendait son tour, on discutait les prix, on échangeait les nouvelles — autour du Poids se croisait toute l'économie rurale. Aujourd'hui, la petite construction est reconvertie en boîte à livres et point info : autrefois, on y mesurait le poids des récoltes ; désormais, elle fait circuler des histoires.

📚 aujourd'hui boîte à livres & point info
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Vue panoramique du village de Milhars et de son château
Milhars, vu depuis les hauteurs
13 Retour au point de départ

Retour à la Mairie

La boucle se referme : le circuit ramène les visiteurs place de la Mairie, point de départ et d'arrivée de la balade.

Après douze haltes à travers le vieux village, retour au point de départ. Une occasion de repasser par la place de la Mairie pour échanger avec les bénévoles, consulter les informations pratiques, ou simplement profiter encore un peu de l'ambiance des Journées du Patrimoine avant de repartir.

🏛 62 Place de la Mairie, 81170 Milhars
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Le Repère, façade
Le Repère
14 Halte gourmande

Le Repère

Après la balade, une étape incontournable : le restaurant Le Repère, où se retrouvent habitants et visiteurs autour d'une cuisine généreuse.

Convivial et chaleureux, il porte bien son nom — l'endroit où l'on se pose, où l'on échange, où Milhars se raconte aussi à table. Si vous le souhaitez, c'est ici que vous pouvez faire une pause déjeuner avant de reprendre la route — ou tout simplement clore la balade autour d'un verre.

🍽 horaires & menu sur place
📞 05 54 51 49 21
📍 20 Route de Cordes, 81170 Milhars
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En complément

Une halte bonus

Hors circuit officiel des Journées du Patrimoine, cette halte complète la découverte de Milhars pour qui veut prolonger la balade.

1955 Avenue de Cordes, épicerie Bauguil, vers 1955
Épicerie Bauguil, avenue de Cordes, vers 1955
Atelier de cordonnerie et épicerie Bargues, vers 1912
1912 — cordonnerie & épicerie
Fête votive, on danse sur la route, août 1930
1930 — fête votive
Fermeture de l'épicerie Bauguil, 2002
2002 — fermeture de l'épicerie
✦ D'hier à aujourd'hui

La mémoire du village

Hors circuit officiel JEP · halte bonus
Milhars hier et aujourd'hui : un fil continu entre les images d'archives et le village vivant que vous traversez.

Le nom même du village est une borne de mémoire : « Miliacum », du nom d'une borne milliaire de la voie gallo-romaine qui reliait l'Albigeois au Quercy et au Rouergue. Surnommé le « village des murs » pour ses remparts, ses portes fortifiées et son vieux village enroulé « en escargot » autour du château, Milhars comptait 1 000 habitants en 1914 — la Grande Guerre, puis l'exode rural, ont fait le reste.

L'épicerie Bauguil, avenue de Cordes, en est un bon exemple : ouverte au début du 20ᵉ siècle — elle succède à l'atelier de cordonnerie et épicerie Bargues visible sur la carte postale de 1912 — elle a fermé ses portes en 2002. Ce dernier arrêt boucle le circuit : en comparant les photographies anciennes aux lieux que vous venez de parcourir, le village raconte sa propre continuité — celle d'une communauté qui a toujours su se transmettre.

🏛 mairie de Milhars · accueil & informations
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Journées du Patrimoine 2026

Infos pratiques

Dimanche 20 septembre 2026, de 10h à 12h puis de 14h à 17h. Pause déjeuner facultative au Repère, en fin de circuit (étape 14).

Une halte bonus, consacrée à la mémoire du village, est proposée en complément, hors circuit officiel — voir en bas de page.

🏛 Mairie de Milhars · Place de la Mairie, 81170 Milhars
🕙 Lun & Mer 9h–12h · Ven 14h–17h30

Sylvie Gravier, maire de Milhars (mandat 2026–2032) · crédit photos