De style gothique méridional, l'église présente une nef unique couverte de voûtes sur croisées d'ogives, avec des chapelles ouvertes entre les contreforts — les bas-côtés actuels résultent de la suppression des murs qui les séparaient à l'origine. Vers 1824-1825, l'entrée est déplacée sous le clocher ; de nouvelles chapelles sont bâties en 1841 et 1858, et le sol est dallé en 1888.
Datant d'environ 1450, ce lustre de bronze doré compte vingt-quatre lumières réparties sur trois étages de branches, pour 156 cm de hauteur et 112 cm de diamètre. En son centre se dresse un Saint Sébastien lié à un tronc d'arbre, entouré de six personnages armés d'arcs et de massues — évocation du double supplice du martyr. Au sommet veille une Vierge couronnée, tenant l'Enfant, les pieds posés sur le croissant lunaire.
Regardez les bourreaux de près : ces guerriers élancés portent chausses collantes, pourpoint étroit et toque à enseigne — la mode du temps de Charles VIII et de Louis XII, qui suffit presque à dater l'œuvre à elle seule. Les historiens y voient peut-être un ex-voto contre la peste : tout le Moyen Âge implora Saint Sébastien contre la « mort noire », et la voisine Cordes s'était vouée aux saints Sébastien et Fabien lors de l'épidémie du début du 17ᵉ siècle.
Une tradition locale prête à cette pièce une origine plus ancienne encore : elle aurait d'abord orné la chapelle du château médiéval, avant de rejoindre l'église — une origine que les documents ne permettent toutefois pas d'établir avec certitude. Le lustre a connu une restauration complète entre 2022 et 2024, menée par M. Mathieu, lustrier à Gargas, avec le concours financier de la DRAC et du Département du Tarn.
Juste à côté, un vitrail donne à voir le château tel qu'il domine — et domine toujours — le village. Offert à la fin du 19ᵉ siècle par Jean-Pierre Roumiguières, alors propriétaire du château, il représente l'édifice tel qu'il apparaissait avant la disparition d'une partie de sa tour carrée, démolie en 1882 — un document précieux autant qu'une image pieuse.
Le vitrail représentant le château
Une des trois cloches du clocher
Trois cloches équipent le clocher. Saint-Pierre, qui donne le « la », date de 1738 (380 kg) et porte l'inscription « St Pierre de Milhars sous le consulat des sieurs Ravailhe, Hébrard, Lafond et Marty 1738 » — classée Monument Historique le 20 septembre 1943. Marie Immaculée (« do », 1867, 90 kg) et Sainte-Philomène-et-Sainte-Germaine (« sol »/« fa », 1867, 225 kg) complètent la sonnerie, toutes deux fondues par Clément Lévêque.
Pendant la Terreur (1793-1794), une seule cloche par clocher devait être épargnée de la fonte : celle de Milhars fut néanmoins emportée vers l'arsenal de Toulouse — mais un habitant du village voisin de Sommard, la voyant passer sur une charrette, la cacha dans une citerne. Elle y resta jusqu'à la fin de la Révolution, puis fut installée dans le clocher de Sommard, où elle sonne peut-être encore aujourd'hui.
À partir de 1965, c'est Jean Mercadier — le poète auquel ces Journées du Patrimoine rendent hommage — qui fut sonneur de cloches à Milhars : l'angélus, l'appel aux offices, les baptêmes, mariages et funérailles rythmés de ses mains. Son engagement au service de la paroisse fut officiellement honoré en 1999.
✨ objet classé MH · 5 décembre 1904
📜 sources : documents communaux · Base Palissy · archives réunies par Jean-Paul Marion